i3, une unité mixte de recherche CNRS (UMR 9217)
en

Institut Interdisciplinaire de l'Innovation

Théories et modèles de la conception

Responsables de l’axe : Annie Gentes & Benoît Weil

Les économies de la connaissance et de la création reposent sur les activités de conception. Ces activités sont confrontées aujourd’hui à de nouveaux défis (Technologies de l’information et de la communication [TIC] et nouveaux médias, nouvelles mobilités, développement durable, nanotechnologies, biotech, nouvelles énergies, soin et santé, conception pour l’emploi…) et elles impliquent un nombre croissant d’acteurs hétérogènes (ingénieurs, chercheurs, marketing, architectes, artistes, usagers…). Ces deux défis ont suscité le développement de nouveaux modèles formels de l’activité de conception à la fois dans ses dimensions cognitive et organisationnelle.

Des travaux pionniers ont été réalisés dans ce domaine par les chercheurs des équipes impliquées. En particulier, la théorie C-K (Concept – Knowledge Theory) élaborée par le CGS se propose de dépasser les modèles décisionnels classiques, par des modèles génératifs qui décrivent la dynamique créative du raisonnement de conception et ouvrent la voie à une recherche rigoureuse et cumulative sur les activités de conception. Participant  au  renouvellement international des recherches théoriques sur la conception, elle a été mise en pratique dans de nombreuses entreprises pour les aider à améliorer les stratégies d’innovation, l’organisation des équipes d’innovation et le management des recherches.

Plus généralement, les chercheurs impliqués dans i3 s’intéressent à l’innovation en régime de « forte exploration » – lorsque les objets de l’action et les collectifs concernés sont incertains et en devenir. Ces travaux se distinguent par l’attention qu’ils portent aux dispositifs et aux pratiques mis en œuvre pour répondre aux défis que pose ce type d’exploration. Se situant à différents niveaux d’analyse (entreprise, réseau, secteur), ils s’attachent à l’étude des outils de design, des formes de partenariat et des espaces d’innovation.

Trois axes de réflexion collective sont développés :

1. Approfondissement et extensions des modèles du raisonnement de conception. 

Il s’agit d’une part de poursuivre le développement de la théorie C-K par des modèles plus généraux, élargissant notamment la méthode mathématique du forcing de Paul Cohen (médaille Fields 1966), ainsi que l’intuitionnisme et les théories du creative subject de L.-J. Brouwer pour intégrer des modèles de connaissances et des modèles de capitalisation des connaissances plus flexibles et plus hétérogènes. D’autre part, de mettre à l’épreuve ces développements en les confrontant à d’autres modèles  de la « créativité » dans différents champs (Ingénierie, architecture, Logiciel, mondes virtuels etc.). Une attention particulière sera accordée aux différentes représentations de « l’imaginaire » proposées par les équipes associées (équipe CGS MINES ParisTech, équipe Codesign Telecom ParisTech, chaire « Modélisation des imaginaires » de Telecom ParisTech).

2. Nouveaux modèles de management de l’innovation en rupture.

Il s’agit de tirer parti  des nouvelles approches de la conception développées et de caractériser le type d’exploration collective et de management qu’elles construisent : sont concernés notamment les méthodes de créativité collective inspirées par la théorie C-K, les formes de coopération dans l’inconnu, les nouveaux modèles de gestion des projets innovants ou de l’innovation de rupture (« full value » proposée par le CRG, etc.).  Ces travaux, qui font l’objet de coopérations anciennes entre le CGS de MINES Paristech et le CRG de l’école Polytechnique (Chaire Management de l’innovation) seront étendus, en liaison avec le département SES de Telecom ParisTech, par des travaux sur les formes nouvelles de prototypage de concept (prototypage comme performance), l’organisation des entreprises de la création, la conception de business models originaux pour les innovations liées aux TIC.

3. Identité des objets, nouvelles technologies et innovation.

Ces travaux portent sur les approches de la conception qui intègrent les théories de l’identité des objets (théories de la communication et de la sémantique) et permettent d’aborder les dimensions critiques et esthétiques des innovations. Ils partent notamment de l’hypothèse que les technologies nouvelles (TIC, Interface Homme-Machine etc.) sont par nature ouvertes et « réflexives ». Ils s’intéressent à confronter et unifier les théories récentes des “objets-plateformes”, des “objets intégratifs” ou des « objets-générateurs d’usage » en cours d’élaboration par les équipes concernées. Plus généralement, ces recherches pourraient reprendre selon une perspective nouvelle la question des langages de description des objets et systèmes techniques, en lien avec plusieurs domaines d’innovation contemporains (objets connectés, aide aux personnes âgées, design numérique, télé-activités, etc.).

 

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